
Les trappes d’accès métalliques constituent un élément fondamental de l’infrastructure moderne, offrant une solution durable et sécurisée pour l’accès aux réseaux souterrains et aux installations techniques. Ces équipements, soumis à des normes strictes, doivent résister à des charges importantes tout en garantissant la sécurité des usagers et la protection des équipements qu’ils dissimulent. Leur conception technique avancée et leur diversité d’applications en font des composants incontournables pour les collectivités, les gestionnaires de réseaux et les professionnels du bâtiment. La sélection appropriée d’une trappe métallique dépend de nombreux facteurs techniques et réglementaires qu’il convient de maîtriser parfaitement.
Classification des trappes d’accès métalliques selon les normes NF EN 124 et DTU 60.11
La norme européenne NF EN 124 établit une classification rigoureuse des trappes d’accès métalliques basée sur leur résistance aux charges d’essai. Cette classification, complétée par le DTU 60.11 qui définit les règles de mise en œuvre, permet de garantir la sécurité et la durabilité des installations. Chaque classe correspond à un usage spécifique et à des contraintes mécaniques particulières, depuis les zones piétonnes jusqu’aux infrastructures portuaires les plus sollicitées.
L’évolution récente de ces normes intègre désormais des critères environnementaux et de durabilité, reflétant les préoccupations contemporaines en matière d’urbanisme durable. Les fabricants doivent ainsi proposer des solutions qui répondent non seulement aux exigences mécaniques traditionnelles, mais également aux nouvelles contraintes liées à la transition énergétique et à l’optimisation des cycles de vie des équipements urbains.
Trappes d’accès classe A15 pour zones piétonnes et espaces verts
Les trappes de classe A15, conçues pour résister à une charge d’essai de 15 kN, trouvent leur application privilégiée dans les zones exclusivement piétonnes et les espaces verts. Leur conception allégée permet une intégration discrète dans les aménagements paysagers tout en offrant un accès sécurisé aux réseaux d’irrigation, d’éclairage public ou de télécommunications. Ces équipements, souvent réalisés en acier galvanisé ou en aluminium, présentent l’avantage d’un poids réduit facilitant les opérations de maintenance.
Trappes d’accès classe B125 pour trottoirs et parkings légers
Avec une résistance de 125 kN, les trappes de classe B125 s’adaptent parfaitement aux contraintes des trottoirs et des zones de stationnement léger. Leur structure renforcée permet de supporter le passage occasionnel de véhicules de service tout en maintenant une sécurité optimale pour les piétons. L’épaisseur du cadre et du couvercle est dimensionnée pour éviter tout affaissement ou déformation sous l’effet des charges répétées, garantissant ainsi une durée de vie prolongée même dans les environnements urbains denses.
Trappes d’accès classe C250 pour bordures de chaussées et voiries urbaines
Les trappes de classe C250, testées sous 250 kN, constituent la solution de référence pour les installations situées en bordure de chaussée ou dans les voiries urbaines secondaires. Leur conception robuste intègre des renforts structurels permettant de résister aux contraintes dynamiques générées par le trafic automobile. Ces équipements nécessitent une attention particulière lors de leur pose
afin de garantir une répartition homogène des charges et d’éviter la création de points faibles au niveau de la bordure de voirie. Une mise en œuvre conforme au DTU 60.11 impose notamment un lit de pose stable (béton ou mortier), un réglage précis de la hauteur par rapport au revêtement fini, ainsi qu’un calage soigné pour prévenir tout phénomène de basculement ou de « claque » au passage des véhicules. Dans les zones urbaines denses, le choix d’une trappe d’accès métallique classe C250 doit également prendre en compte les nuisances sonores : l’ajout de joints élastomères ou de systèmes anti-bruit contribue à améliorer le confort des riverains et la perception de qualité de l’ouvrage.
Trappes d’accès classe D400 pour chaussées et zones de circulation intense
Les trappes d’accès métalliques de classe D400, dimensionnées pour supporter une charge d’essai de 400 kN, sont destinées aux chaussées et aux zones de circulation intense. Elles sont utilisées sur les routes principales, les aires de manœuvre de poids lourds, les stations-service ou encore les zones d’accès aux entrepôts logistiques. Leur conception met l’accent sur la robustesse structurelle, avec des renforts en nervures, des cadres massifs et des surfaces antidérapantes adaptées aux conditions de trafic les plus exigeantes.
Dans cette catégorie, le respect strict de la norme NF EN 124 est indispensable pour garantir la sécurité des usagers et la pérennité de la trappe métallique. Les efforts dynamiques induits par les véhicules lourds, les freinages brusques et les changements de direction répétés imposent une grande rigueur dans le dimensionnement du couvercle et de son appui sur le cadre. Les fabricants intègrent souvent des systèmes de verrouillage anti-soulèvement pour prévenir tout arrachement accidentel sous l’effet de la dépression générée par les poids lourds ou de tentatives de vandalisme.
Sur le plan pratique, la mise en œuvre de trappes d’accès D400 doit être coordonnée avec les phases de réalisation de la chaussée afin d’éviter les désaffleurements. Un mauvais réglage en hauteur peut rapidement se traduire par des dégradations du revêtement, des nuisances sonores importantes et un inconfort pour les conducteurs. C’est pourquoi il est recommandé de procéder à un réglage fin au moment de la couche de roulement, en tenant compte des tassements différés possibles de la structure de chaussée.
Trappes d’accès classe E600 et F900 pour zones portuaires et industrielles
Les trappes d’accès métalliques de classes E600 et F900 représentent le niveau de performance le plus élevé de la norme NF EN 124. Conçues respectivement pour des charges d’essai de 600 kN et 900 kN, elles sont destinées aux zones portuaires, industrielles lourdes, aires de fret, plateformes aéroportuaires ou terminaux de conteneurs. Dans ces environnements, les charges concentrées des essieux de grues portuaires, de chariots cavaliers ou de véhicules spéciaux exigent une résistance mécanique exceptionnelle et une conception sans compromis.
Techniquement, ces trappes d’accès métalliques se distinguent par des sections massives, une épaisseur de matériau importante et des géométries de renfort très travaillées. La fonte ductile et l’acier fortement allié sont souvent privilégiés pour concilier résistance, ductilité et longévité. Le système de pose doit, lui aussi, être dimensionné en conséquence, avec des cadres ancrés dans des massifs de béton armé et des assises capables de reprendre les efforts transmis par les charges roulantes extrêmes.
Au-delà de la seule résistance mécanique, les trappes E600 et F900 doivent également supporter des conditions environnementales sévères : atmosphère saline en bord de mer, projections d’hydrocarbures, cycles gel/dégel répétés ou encore sollicitations thermiques importantes. Le choix des trappes d’accès pour ces zones stratégiques doit donc intégrer une analyse globale : nature des charges, fréquence de passage, environnement chimique et contraintes de maintenance. Une conception sur mesure est souvent nécessaire pour concilier toutes ces exigences.
Matériaux et techniques de fabrication des trappes métalliques professionnelles
Le choix du matériau et des procédés de fabrication d’une trappe d’accès métallique conditionne directement sa résistance mécanique, sa durabilité et ses performances d’étanchéité. Entre l’acier galvanisé, la fonte ductile, l’aluminium ou l’inox, chaque solution présente des avantages et des limites qu’il convient d’analyser en fonction du contexte d’usage. Vous vous demandez sur quoi baser votre choix : corrosion, poids, coût, esthétique ? Nous allons détailler les grandes familles de matériaux et leurs implications techniques.
Les techniques de fabrication – moulage, laminage, pliage, soudure, galvanisation – jouent également un rôle clé dans le comportement en service des trappes d’accès métalliques. Une même classe de résistance NF EN 124 peut être atteinte par différentes combinaisons matériau/procédé, mais toutes ne présentent pas le même niveau de fiabilité dans le temps. La tendance actuelle du marché va vers des produits optimisés, associant nuances d’acier performantes, traitements anticorrosion renforcés et géométries de renfort calculées par modélisation numérique.
Acier galvanisé à chaud selon norme ISO 1461 pour résistance à la corrosion
L’acier galvanisé à chaud est l’un des matériaux les plus utilisés pour les trappes d’accès métalliques en bâtiment et en voirie légère. Conformément à la norme ISO 1461, la galvanisation consiste à plonger les pièces en acier dans un bain de zinc en fusion, créant une couche protectrice homogène et adhérente. Cette enveloppe de zinc agit comme une « armure sacrificielle » : elle se corrode en premier, protégeant ainsi l’acier sous-jacent de l’oxydation.
Pour des trappes d’accès en zones piétonnes, parkings légers ou locaux techniques, l’acier galvanisé offre un excellent compromis entre coût, résistance et durabilité. La durée de vie peut dépasser 25 à 30 ans dans un environnement urbain standard, sous réserve d’une épaisseur de zinc suffisante et d’une bonne conception des pièces (évacuation des eaux, absence de pièges à humidité). La possibilité de combiner galvanisation et revêtement peint (système duplex) permet en outre de renforcer encore la résistance à la corrosion tout en améliorant l’intégration esthétique.
D’un point de vue fabrication, les trappes d’accès métalliques en acier galvanisé sont généralement réalisées par découpe, pliage et soudure de tôles ou de profils laminés. Cette technique autorise une grande variété de dimensions et de configurations, y compris des trappes sur mesure pour des installations particulières. Il convient toutefois de respecter des règles strictes de préparation des surfaces et de conception (trous d’évent, rayons de pliage) afin de garantir une galvanisation uniforme sans zones mal protégées.
Fonte ductile GGG-50 et fonte grise GG-25 pour applications structurelles
La fonte ductile (ou fonte nodulaire) GGG-50 et la fonte grise GG-25 sont des matériaux de référence pour les trappes d’accès destinées aux voiries et aux zones de circulation intense. La fonte ductile se caractérise par une structure interne en nodules de graphite, qui lui confère à la fois une haute résistance mécanique et une bonne ductilité. C’est le matériau privilégié pour les trappes d’accès de classes C250 à F900, où les contraintes de fatigue et les chocs répétés sont très importants.
La fonte grise GG-25, plus ancienne et plus fragile, reste utilisée pour certaines trappes d’accès métalliques à faible sollicitation ou pour des couvercles secondaires. Sa structure lamellaire de graphite la rend moins résistante aux chocs, mais lui confère en contrepartie d’excellentes propriétés d’amortissement vibratoire. Dans le cadre des projets neufs, la tendance est toutefois clairement à la fonte ductile, plus sûre et mieux adaptée aux charges croissantes du trafic moderne.
Les trappes en fonte sont obtenues par moulage en fonderie, un procédé qui permet de réaliser des géométries complexes (nervures, motifs antidérapants, logements de charnières) en une seule pièce. Les propriétés mécaniques finales dépendent fortement de la qualité de la coulée, du contrôle des impuretés et du traitement thermique éventuel. Un contrôle qualité rigoureux (essais de dureté, contrôle dimensionnel, tests de charge) est indispensable pour garantir la conformité aux exigences de la norme NF EN 124.
Aluminium anodisé et acier inoxydable 316L pour environnements corrosifs
Dans les environnements particulièrement agressifs – stations d’épuration, sites industriels chimiques, piscines collectives, zones littorales – l’aluminium anodisé et l’acier inoxydable 316L s’imposent souvent comme des solutions de choix. L’aluminium, naturellement résistant à la corrosion grâce à sa couche d’oxyde, peut être encore renforcé par un traitement d’anodisation qui augmente la dureté de surface et la tenue face aux agents chimiques. Sa légèreté facilite la manipulation des trappes d’accès, notamment quand une ouverture fréquente est nécessaire pour la maintenance.
L’acier inoxydable 316L, riche en molybdène, est reconnu pour sa très bonne tenue en milieu chloré et marin. Il est particulièrement adapté aux trappes d’accès métalliques installées dans les piscines, les ports de plaisance, les usines agroalimentaires ou pharmaceutiques. Bien que plus coûteux que l’acier galvanisé, il offre une durée de vie très supérieure dans ces conditions, avec des besoins de maintenance réduits. On le retrouve aussi dans les projets architecturaux où une finition esthétique haut de gamme est recherchée.
Sur le plan constructif, les trappes en aluminium ou en inox sont généralement fabriquées par pliage et soudure de tôles, parfois complétées par des profils extrudés. L’usinage de précision permet d’intégrer des systèmes de verrouillage, des joints d’étanchéité et des dispositifs de sécurité (arrêts de couvercle, ressorts d’assistance). Avant de retenir ces matériaux, il convient toutefois d’évaluer le risque de corrosion galvanique en présence d’autres métaux et de prévoir les isolations nécessaires au niveau des ancrages et des interfaces.
Revêtements époxy et zinc-aluminium pour protection anticorrosion renforcée
Au-delà du choix du métal de base, les revêtements de surface jouent un rôle décisif dans la durabilité des trappes d’accès métalliques. Les revêtements époxy, appliqués par poudre ou par projection liquide, offrent une excellente résistance à l’abrasion, aux chocs et aux agents chimiques. Ils sont particulièrement indiqués pour les trappes installées dans des environnements industriels pollués, soumis à des projections d’hydrocarbures ou à des atmosphères acides. L’époxy permet également de proposer différentes teintes pour faciliter l’identification des réseaux (eau, gaz, électricité) ou améliorer l’intégration visuelle.
Les systèmes à base de zinc-aluminium, utilisés en métallisation ou sous forme de peintures riches en zinc, combinent la protection barrière d’un revêtement organique et la protection cathodique du zinc. Ils constituent une alternative intéressante à la galvanisation à chaud lorsque celle-ci n’est pas possible pour des raisons dimensionnelles ou économiques. En rénovation, ces revêtements permettent de prolonger significativement la durée de vie des trappes d’accès métalliques existantes, à condition que la préparation de surface (sablage, dégraissage) soit effectuée avec soin.
Comme pour tout système anticorrosion, la réussite dépend de la chaîne complète : préparation de surface, choix du primaire, épaisseur de film sec, conditions de séchage et contrôles sur chantier. Négliger l’une de ces étapes revient à construire une « armure » avec des failles : la corrosion finira par s’y engouffrer. Pour des ouvrages stratégiques, il est recommandé de se référer aux recommandations de l’ACQPA ou aux cahiers du CSTB afin de garantir la compatibilité entre métal, environnement et système de revêtement.
Applications spécialisées des trappes d’accès dans les infrastructures urbaines
Les trappes d’accès métalliques ne se limitent pas à de simples couvercles de regards. Elles interviennent dans une multitude d’applications spécialisées au cœur des infrastructures urbaines : réseaux d’assainissement, postes de transformation électrique, télécommunications, chauffage urbain, mais aussi mobilités douces et espaces publics. Chaque usage impose des contraintes spécifiques en termes de résistance, d’étanchéité, de sécurité des usagers et parfois même d’acoustique.
Pour les gestionnaires de réseaux comme pour les collectivités, bien identifier ces usages permet d’optimiser le choix de la trappe d’accès métallique : classe de charge adaptée, matériau compatible avec l’environnement, système de fermeture sécurisé, dispositifs anti-bruit ou anti-vandalisme. Une trappe parfaitement dimensionnée, c’est moins de maintenance corrective, moins de risques d’accident et une meilleure continuité de service des infrastructures urbaines. Voyons quelques grandes familles d’applications.
Dans les réseaux d’assainissement et d’eaux pluviales, les trappes d’accès métalliques assurent l’accès aux chambres de visite, aux déversoirs d’orage et aux stations de pompage. Elles doivent résister aux charges de trafic, mais aussi aux gaz corrosifs (H₂S) et aux conditions très humides. Les trappes avec joints d’étanchéité renforcés et systèmes de verrouillage anti-soulèvement sont particulièrement recommandées pour éviter les infiltrations d’eaux parasites ou les exfiltrations vers le milieu naturel. Certaines collectivités imposent désormais des modèles à fermeture sécurisée pour limiter les intrusions et les actes de vandalisme.
Les réseaux de distribution d’énergie (électricité, gaz, chauffage urbain) utilisent également des trappes d’accès métalliques pour protéger leurs équipements : postes de transformation, vannes, échangeurs, coffrets de comptage. Dans ces cas, la trappe joue un double rôle : permettre un accès rapide pour la maintenance et garantir une protection physique contre les chocs et les intempéries. Les systèmes de verrouillage à clé ou à barillet, associés à des panneaux d’avertissement, permettent de limiter l’accès aux seuls personnels habilités. L’utilisation d’acier galvanisé ou d’inox, combiné à des revêtements époxy, favorise une longue durée de vie malgré les variations thermiques importantes.
Dans les espaces publics paysagers (parcs, places, promenades), les trappes d’accès métalliques sont souvent intégrées aux mobiliers urbains pour donner accès à des réseaux d’éclairage, d’arrosage ou de sonorisation. Ici, l’enjeu est autant esthétique que technique : la trappe doit se fondre dans le revêtement (pavés, dalles, bois) tout en restant parfaitement fonctionnelle. Des solutions à carreler ou à remplir (béton, pavés) permettent par exemple de conserver la continuité visuelle du sol. Le choix d’une classe de charge adaptée (A15 ou B125) et de surfaces antidérapantes est indispensable pour garantir la sécurité des piétons et des personnes à mobilité réduite.
Systèmes d’étanchéité et de verrouillage pour trappes métalliques techniques
Au-delà de la seule résistance mécanique, les trappes d’accès métalliques doivent souvent assurer des fonctions d’étanchéité à l’eau, à l’air, à la poussière ou même au feu. C’est particulièrement vrai dans les bâtiments techniques, les locaux sensibles ou les infrastructures où la continuité de service est critique. Comment éviter les infiltrations d’eau dans un local électrique enterré ? Comment garantir qu’une trappe ne sera pas ouverte par un tiers non autorisé ? Les systèmes d’étanchéité et de verrouillage sont au cœur de ces problématiques.
On distingue généralement trois niveaux d’exigence : l’étanchéité simple aux intempéries, l’étanchéité renforcée sous pression (par exemple pour des locaux techniques sous nappe phréatique) et l’étanchéité spécifique (acoustique, coupe-feu, étanchéité à l’air pour bâtiments basse consommation). À chaque niveau correspondent des solutions de joints, de profils de cadre et de systèmes de serrage particuliers. Un dimensionnement inadapté peut rapidement compromettre la performance globale de l’ouvrage, même si la trappe respecte par ailleurs sa classe de charge.
Les systèmes d’étanchéité des trappes d’accès métalliques reposent principalement sur des joints périphériques en EPDM, néoprène ou silicone, logés dans des gorges usinées ou soudées sur le cadre et/ou le couvercle. La compression contrôlée de ces joints, obtenue par le poids propre de la trappe ou par des systèmes de verrouillage, garantit l’absence de fuite d’eau ou d’air. Dans les zones inondables ou les sous-sols sensibles, on recourt parfois à des trappes dites « étanches sous pression », équipées de joints renforcés et de systèmes de serrage multipoints, capables de résister à une hauteur d’eau donnée.
Les trappes d’accès coupe-feu constituent un cas particulier : outre leur résistance mécanique, elles doivent limiter la propagation des flammes et des fumées pendant une durée déterminée (EI30, EI60, EI90, EI120). Pour cela, elles intègrent des joints intumescents qui gonflent sous l’effet de la chaleur, obturant les interstices entre le couvercle et le cadre. Comme pour les portes coupe-feu, ces trappes doivent faire l’objet d’essais en laboratoire et bénéficier de procès-verbaux de classement, souvent exigés dans les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH).
Les systèmes de verrouillage jouent, eux, un rôle essentiel en matière de sécurité et de prévention des intrusions. Selon le niveau de protection recherché, on pourra opter pour des fermetures par vis inviolables, verrous intégrés, serrures à barillet, clés triangulaires normalisées ou dispositifs de verrouillage multipoints. Dans les zones sensibles (postes électriques, locaux de télécommunication, réseaux critiques), l’usage de clés spécifiques et la traçabilité des ouvertures deviennent indispensables. Certains fabricants proposent désormais des solutions de verrouillage compatibles avec les systèmes de gestion de clés centralisés des grandes collectivités ou des exploitants de réseaux.
Installation et mise en conformité selon réglementation française ERP et IGH
L’installation d’une trappe d’accès métallique ne se résume pas à la pose d’un couvercle sur un cadre. Elle doit s’inscrire dans un cadre réglementaire précis, en particulier dans les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH). En France, de nombreux textes encadrent la conception et la mise en œuvre de ces équipements : Code de la construction et de l’habitation, arrêtés sécurité incendie, accessibilité PMR, DTU et avis techniques. L’objectif est double : garantir la sécurité des usagers et assurer la compatibilité de la trappe avec les performances attendues du bâtiment (structure, feu, acoustique, étanchéité).
Dans les ERP, les trappes d’accès métalliques situées sur les cheminements du public doivent répondre à des exigences spécifiques en matière d’anti-glissance, de résistance mécanique et d’absence d’obstacle pour les personnes à mobilité réduite. Les désaffleurements tolérés sont très faibles afin d’éviter les risques de chute ou de blocage de roues de fauteuil. Lorsque les trappes sont installées dans des parois coupe-feu (cloisons, planchers), elles doivent présenter un degré de résistance au feu équivalent à celui de la paroi, conformément aux règlements incendie et aux procès-verbaux du CSTB ou d’organismes équivalents.
Dans les IGH, la vigilance est renforcée sur la continuité des compartimentages coupe-feu et sur l’intégrité des gaines techniques. Les trappes d’accès métalliques donnant sur ces gaines doivent être soigneusement sélectionnées pour respecter les classes de résistance exigées (EI 30, EI 60, voire davantage selon les zones). De plus, leur système de fermeture ne doit pas pouvoir être facilement neutralisé, afin de ne pas compromettre la sécurité incendie du bâtiment. Les commissions de sécurité vérifient régulièrement ces points lors des visites périodiques, et des non-conformités peuvent entraîner des obligations de travaux.
Sur le plan pratique, la mise en conformité passe par plusieurs étapes clés : choix d’une trappe d’accès métallique certifiée et adaptée à l’usage, consultation des procès-verbaux de classement feu, vérification de la compatibilité avec le support (béton, maçonnerie, plaque de plâtre), puis pose selon les prescriptions du fabricant et des DTU applicables. Une documentation technique complète (notices, PV, plans de repérage) doit être conservée et mise à disposition du maître d’ouvrage et des contrôleurs techniques. En cas de doute, il est préférable de consulter en amont le bureau de contrôle ou la commission de sécurité plutôt que de risquer une non-conformité coûteuse à corriger.
Maintenance préventive et diagnostic des trappes d’accès métalliques en service
Comme tout équipement de structure ou de sécurité, une trappe d’accès métallique nécessite un entretien régulier pour conserver ses performances initiales. Attendre l’apparition d’un incident – couvercle bruyant, corrosion avancée, jeu excessif – revient un peu à attendre la panne de frein pour vérifier sa voiture : le risque d’accident augmente fortement. Une politique de maintenance préventive, même simple, permet de prolonger significativement la durée de vie des trappes et de limiter les interventions d’urgence coûteuses.
La première étape consiste à mettre en place un inventaire et un plan de contrôle périodique des trappes d’accès métalliques, en particulier dans les réseaux complexes (collectivités, sites industriels, grands ensembles immobiliers). Les inspections visuelles peuvent être réalisées annuellement ou tous les deux ans, avec une fréquence accrue pour les zones fortement sollicitées (chaussées D400, zones industrielles E600/F900). Lors de ces contrôles, on vérifie notamment l’état de la surface (peinture, galvanisation), la présence de corrosion localisée, le bon appui du couvercle sur le cadre, l’absence de jeu excessif et l’intégrité des systèmes de verrouillage.
Lorsque des anomalies sont détectées, un diagnostic plus approfondi peut s’imposer : mesures d’épaisseur résiduelle, essais de charge ponctuels, contrôle des ancrages dans le béton, vérification des joints d’étanchéité. Dans certains cas, une simple remise en peinture anticorrosion ou le remplacement des joints suffit à rétablir les performances. Dans d’autres, il sera plus judicieux de procéder au remplacement complet de la trappe d’accès métallique, surtout si la classe de charge initiale n’est plus adaptée aux conditions d’exploitation actuelles (augmentation du trafic, changement d’usage du site).
D’un point de vue organisationnel, la maintenance des trappes d’accès gagne à être intégrée dans une démarche plus large de gestion patrimoniale des ouvrages. L’utilisation d’outils de GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) ou de simples tableaux de suivi permet de tracer les interventions, d’anticiper les remplacements et de budgétiser les opérations pluriannuelles. Pour les petites collectivités ou les copropriétés, établir un calendrier de vérification et quelques fiches de contrôle standardisées est déjà un premier pas très efficace.
Enfin, n’oublions pas l’aspect sécurité des équipes : l’ouverture d’une trappe d’accès métallique, surtout en voirie ou en site industriel, doit toujours être réalisée avec les EPI adaptés et des procédures claires (signalisation, calage du couvercle, ventilation des ouvrages enterrés si nécessaire). Une trappe en bon état, bien entretenue et correctement utilisée, devient alors ce qu’elle doit être : un équipement discret, fiable et durable au service des infrastructures du bâtiment et de la ville.