Les infrastructures électriques modernes reposent sur des systèmes de protection robustes, capables de garantir la sécurité et la pérennité des installations. Dans les bâtiments collectifs, tertiaires et industriels, les gaines techniques métalliques constituent une solution privilégiée pour l’acheminement et la protection des câblages électriques. Leur résistance mécanique supérieure, leur conformité aux normes incendie et leur capacité à assurer une continuité électrique optimale en font des équipements incontournables. Avec l’évolution des réglementations en matière de sécurité électrique et l’augmentation des exigences en termes de compatibilité électromagnétique, le choix et l’installation de conduits métalliques requièrent une expertise technique approfondie. Les professionnels du secteur doivent maîtriser non seulement les caractéristiques techniques de ces équipements, mais également les normes de pose et les méthodes de raccordement qui garantissent une installation conforme et durable.

Caractéristiques techniques et normes des gaines métalliques ICT et IRL

Les conduits métalliques destinés aux installations électriques se déclinent en plusieurs catégories, chacune répondant à des exigences spécifiques. Les gaines ICT (Isolant Cintrable Transversalement) et IRL (Isolant Rigide Lisse) constituent les références pour les installations apparentes et encastrées. Ces systèmes doivent impérativement respecter un ensemble de normes françaises et européennes qui définissent leurs performances mécaniques, leur résistance aux chocs et leur comportement au feu. La classification selon la norme NF EN 61386 établit les critères de résistance à l’écrasement, exprimés en Newton, qui varient selon le type d’installation et l’environnement d’utilisation. Les conduits métalliques offrent généralement une résistance à l’écrasement supérieure à 1250 N, ce qui les rend particulièrement adaptés aux zones de passage ou aux installations exposées à des contraintes mécaniques importantes.

Propriétés mécaniques de l’acier galvanisé pour gaines techniques

L’acier galvanisé représente le matériau de prédilection pour la fabrication des gaines techniques métalliques en raison de ses propriétés mécaniques exceptionnelles. Sa résistance à la traction, généralement comprise entre 270 et 500 MPa selon la nuance utilisée, garantit une protection optimale des câbles même dans les conditions les plus exigeantes. L’épaisseur de la paroi, qui varie de 0,6 à 2 mm selon le diamètre du conduit, détermine directement la capacité de charge mécanique et la résistance aux déformations. Les tests de résistance aux chocs, effectués conformément à la norme IEC 61386-21, mesurent l’énergie d’impact que peut supporter le conduit sans se fracturer ni se déformer de manière permanente. Cette propriété s’avère cruciale dans les environnements industriels où les risques de chocs mécaniques sont élevés.

Conformité NF C 68-106 et marquage CE des conduits métalliques

La norme NF C 68-106 établit les spécifications techniques des systèmes de conduits pour installations électriques, en définissant notamment les caractéristiques dimensionnelles, les performances mécaniques et les exigences de sécurité. Chaque conduit métallique commercialisé sur le territoire français doit porter le marquage CE, attestant de sa conformité aux directives européennes en vigueur. Ce marquage s’accompagne d’informations essentielles telles que le nom du fabricant, la référence du produit, le diamètre nominal et la classe de résistance à l’écrasement. Les

p>informations relatives à la norme de fabrication (par exemple IEC 61386) et, le cas échéant, la catégorie d’emploi (intérieur, extérieur, enterré, milieu humide). Pour vous, installateur ou maître d’œuvre, ce marquage est un repère indispensable : il permet de vérifier en un coup d’œil l’adéquation entre la gaine métallique choisie et l’environnement de pose. En cas de contrôle ou d’expertise après sinistre, l’absence de marquage conforme peut être retenue comme un défaut de mise en œuvre. Il est donc recommandé de conserver les fiches techniques fabricants et, lorsque c’est possible, de photographier les conduits avant fermeture des cloisons ou des gaines techniques.

Diamètres normalisés et épaisseurs de paroi selon la norme IEC 61386

Les gaines métalliques pour installations électriques sont dimensionnées selon la norme IEC 61386, qui fixe des diamètres nominaux standardisés (ex. 16, 20, 25, 32, 40, 50 mm, etc.). Ces diamètres doivent permettre un tirage aisé des conducteurs et respecter les taux de remplissage maximum imposés par la norme NF C 15-100. En pratique, on veille à conserver une réserve de passage suffisante pour de futurs ajouts de circuits, en particulier dans les bâtiments tertiaires et les logements collectifs où les besoins évoluent rapidement. Une gaine métallique bien dimensionnée limite les contraintes mécaniques sur les câbles et améliore la longévité de l’installation.

L’épaisseur de paroi des tubes métalliques, elle aussi encadrée par l’IEC 61386, varie généralement de 0,6 à 2 mm en fonction du diamètre et de la classe de résistance visée. Plus la paroi est épaisse, plus la gaine résiste à l’écrasement et aux chocs, mais plus son poids linéique augmente, ce qui impacte les systèmes de fixation et les supports. On peut comparer cette logique à celle d’un tuyau de plomberie : un tube « renforcé » supporte mieux les contraintes mécaniques mais nécessite des colliers plus robustes et un entraxe de fixation plus serré. Pour les locaux techniques, les parkings ou les circulations verticales (gaine technique, cage d’escalier), il est conseillé d’opter pour des épaisseurs supérieures, capables de résister aux manutentions et aux chocs accidentels.

Le choix du diamètre ne doit pas se limiter à l’instant T du chantier : dans une approche de « bâtiment évolutif », il est pertinent de majorer légèrement le diamètre des conduits métalliques dans les zones stratégiques (local technique, faux-plafonds principaux, gaines montantes). Cette marge permet des adaptations ultérieures (ajout de lignes de communication, renforcement d’alimentation pour bornes de recharge, etc.) sans devoir ouvrir les cloisons ni reprendre la structure des gaines techniques. Vous gagnez ainsi en flexibilité tout en maîtrisant les coûts de rénovation.

Résistance à la corrosion et traitement anticorrosion par zingage électrolytique

La durabilité des gaines techniques en métal dépend étroitement de leur résistance à la corrosion, notamment dans les locaux humides, les parkings, les locaux poubelles ou les zones soumises à condensation. L’acier galvanisé est protégé par une couche de zinc, obtenue le plus souvent par zingage électrolytique ou par galvanisation à chaud en continu. Cette couche de zinc joue un rôle de « bouclier sacrificiel » : elle s’oxyde à la place de l’acier, retardant la formation de rouille et prolongeant la durée de vie du conduit. L’épaisseur du revêtement est exprimée en microns et conditionne la classe de résistance à la corrosion (C1 à C5 selon l’ISO 12944).

Le zingage électrolytique, très répandu pour les gaines ICT et IRL métalliques, offre un bon compromis entre protection et aspect de surface. Il convient parfaitement aux environnements intérieurs secs ou faiblement humides, typiques des bâtiments tertiaires et des logements. Dans les locaux plus agressifs (atmosphère saline, produits chimiques, cuisines collectives, locaux techniques humides), il peut être nécessaire de recourir à des tubes galvanisés à chaud, à des traitements complémentaires (peinture époxy, vernis protecteur) ou à des alliages spéciaux. Un peu comme pour la carrosserie d’un véhicule stationné en bord de mer, un traitement standard finira par montrer ses limites si l’exposition est permanente et sévère.

Pour préserver la résistance à la corrosion, quelques bonnes pratiques s’imposent sur chantier : éviter les coupes approximatives qui déchirent la couche de zinc, ébavurer systématiquement les extrémités, et, en cas de coupe en milieu particulièrement corrosif, appliquer une peinture de retouche riche en zinc sur les chants nus. Il est également important de ne pas mélanger des métaux incompatibles (par exemple, acier galvanisé et cuivre en contact direct dans un milieu humide), afin de limiter les risques de corrosion galvanique. Une attention particulière sera portée aux zones de fixation et de perçage, qui constituent souvent les premiers points de faiblesse face à la corrosion.

Protection des câblages électriques par gaines métalliques flexibles et rigides

La protection des câblages électriques par gaines techniques en métal ne se limite pas aux conduits rigides classiques. Les gaines métalliques flexibles complètent la panoplie de l’installateur, notamment pour les raccordements d’appareils, les passages dans des zones encombrées ou les modifications ultérieures. Entre tubes rigides et gaines annelées, le choix dépendra des contraintes mécaniques, de l’environnement (industriel, tertiaire, résidentiel) et du niveau de protection recherché (chocs, étanchéité, compatibilité électromagnétique). Vous vous demandez quand privilégier une gaine métallique plutôt qu’une gaine ICTA plastique traditionnelle ? La réponse tient souvent en trois mots : sécurité, robustesse et continuité électrique.

Gaines annelées FLEX-PROTECT pour installations en milieu industriel

Les gaines annelées métalliques de type FLEX-PROTECT sont conçues pour les installations en milieu industriel, où les contraintes mécaniques et environnementales sont particulièrement fortes. Leur structure spiralée en acier, parfois doublée d’une enveloppe extérieure en PVC ou en polyoléfine, combine flexibilité et résistance à l’écrasement. Elles sont idéales pour le raccordement de machines, d’armoires électriques, d’appareillages en mouvement ou de zones difficiles d’accès. Dans un atelier ou une usine, ces gaines flexibles permettent d’accompagner les mouvements tout en préservant l’intégrité des câbles de puissance et de commande.

Les gaines FLEX-PROTECT se déclinent en différentes classes de résistance, avec des indices de protection pouvant atteindre IP67 lorsqu’elles sont associées à des raccords adaptés. Cela signifie qu’elles résistent non seulement à la poussière, mais aussi à une immersion temporaire dans l’eau, un atout majeur pour les installations de process, les stations de lavage ou les industries agroalimentaires. On peut les comparer à un « flexible blindé » : elles guident et protègent les conducteurs comme le ferait une armure articulée, tout en restant suffisamment souples pour suivre les trajectoires complexes.

Pour tirer pleinement parti de ces gaines métalliques flexibles, il est essentiel de sélectionner des raccords filetés compatibles (droits, coudés, orientables) et de respecter les rayons de courbure minimum indiqués par le fabricant. Un cintrage trop serré peut endommager la spirale métallique et réduire la durée de vie de la gaine, voire entraîner des ruptures localisées. Dans les environnements industriels avec vibrations, une attention particulière doit être portée au serrage des raccords et au choix des pas de filetage (metric, PG, NPT) pour garantir une tenue mécanique durable.

Conduits IMC et EMT dans les environnements ATEX et zones explosives

Pour les zones à risque d’explosion (ATEX), par exemple dans l’industrie pétrochimique, les silos de stockage, les stations-service ou certaines installations de traitement des déchets, les exigences de sécurité s’intensifient. Les conduits métalliques de type IMC (Intermediate Metal Conduit) ou EMT (Electrical Metallic Tubing), très répandus en Amérique du Nord, servent parfois de référence ou d’équivalents dans les cahiers des charges internationaux. Ces tubes en acier, à paroi intermédiaire ou fine, offrent une excellente résistance mécanique et une continuité électrique quasi parfaite, indispensable pour la mise à la terre et la limitation des risques d’étincelles.

En environnement ATEX, l’objectif est double : confiner au maximum les sources d’inflammation potentielles (étincelles, arcs électriques) et limiter la propagation d’une explosion éventuelle à l’intérieur des conduits. Les conduits métalliques, correctement filetés, raccordés et mis à la terre, contribuent à cette maîtrise du risque. Ils constituent une enveloppe fermée qui protège les câbles tout en assurant un blindage efficace. Comme une canalisation sous pression, chaque jonction doit être contrôlée, chaque filetage vérifié, afin de garantir une continuité mécanique et électrique sans faille.

Il convient toutefois de rappeler que les gaines et conduits métalliques ne suffisent pas, à eux seuls, à satisfaire les exigences ATEX. Ils doivent être intégrés dans un système complet (câbles adaptés, boîtes de dérivation certifiées, presse-étoupes, dispositifs de sécurité) conforme aux directives 2014/34/UE et aux normes associées. En phase de conception, il est fortement recommandé de faire appel à un bureau d’études spécialisé ou à un fabricant disposant de gammes spécifiquement certifiées ATEX pour éviter tout risque de non-conformité.

Degré de protection IP67 et étanchéité des raccords filetés

Le degré de protection IP des gaines et conduits métalliques, et plus encore de leurs accessoires, joue un rôle essentiel dans la sécurité et la pérennité des installations. Pour atteindre un indice IP67, la gaine métallique doit être associée à des raccords filetés et des presse-étoupes dotés de joints adaptés, capables d’empêcher la pénétration de poussières et d’eau. Un ensemble classé IP67 résiste à l’immersion temporaire, ce qui convient parfaitement aux environnements humides, aux lavages haute pression ponctuels ou aux zones extérieures exposées aux intempéries.

L’étanchéité repose principalement sur la qualité du système de serrage et sur l’intégrité des joints (EPDM, NBR, silicone) qui assurent la compression autour de la gaine et du câble. Comme pour une installation de plomberie, un simple défaut de serrage ou un joint mal positionné peut suffire à compromettre la performance globale. Il est donc important de respecter les couples de serrage préconisés et de vérifier visuellement la bonne mise en place des joints lors de la pose. En milieu industriel, un contrôle régulier de l’état des garnitures d’étanchéité permet de prévenir les infiltrations de liquide ou de poussière dans les boîtiers et armoires.

Lors de la conception d’une installation en gaines métalliques IP67, on veillera également à limiter le nombre de points d’entrée dans les enveloppes et à privilégier les configurations qui orientent les raccords vers le bas ou à l’horizontale, pour réduire les risques de stagnation d’eau. Vous pouvez par exemple regrouper plusieurs départs de conduits sur une platine ou un presse-étoupe multipolaire, plutôt que de multiplier les entrées isolées. Cette approche améliore la fiabilité tout en simplifiant la maintenance.

Différenciation entre gaines ICTA plastique et gaines métalliques pour câbles haute tension

Dans les bâtiments tertiaires et les logements collectifs, la gaine ICTA plastique (Isolant Cintrable Transversalement Annelé) reste très utilisée pour les circuits courants forts et faibles en encastré. Toutefois, dès que les contraintes mécaniques, les risques d’incendie ou les exigences de continuité électrique augmentent, la gaine métallique prend l’avantage. Pour les câbles haute tension, les alimentations principales, les montées de colonne ou les locaux techniques, le recours à des conduits métalliques rigides ou flexibles devient souvent indispensable, voire imposé par les cahiers des charges et les assureurs.

La principale différence réside dans la capacité de la gaine métallique à résister au feu, aux chocs et à assurer un blindage électromagnétique. Là où une gaine ICTA plastique pourrait fondre ou se déformer en cas de surchauffe, une gaine technique en métal conserve plus longtemps son intégrité et limite la propagation de l’incendie. Dans les gaines techniques verticales, les cages d’escalier ou les parkings, cette résistance accrue contribue à sécuriser les cheminements d’évacuation et à protéger les réseaux vitaux (alimentation des systèmes de sécurité incendie, désenfumage, ascenseurs, etc.).

Pour autant, il ne s’agit pas d’opposer systématiquement gaines ICTA et gaines métalliques, mais plutôt de les combiner intelligemment selon les zones du bâtiment. Vous pouvez, par exemple, réserver les conduits métalliques aux tronçons exposés (locaux à risques, zones de passage, parties communes) et utiliser des gaines plastiques dans les parties privatives, moins soumises aux contraintes. Cette approche hybride permet d’optimiser le coût global de l’installation tout en maintenant un haut niveau de sécurité là où il est le plus nécessaire.

Techniques de cintrage et façonnage des tubes métalliques selon le rayon de courbure

Le cintrage des tubes métalliques est une opération clé pour l’esthétique, la performance et la sécurité des gaines techniques. Un rayon de courbure adapté facilite le tirage des câbles, réduit les risques de détérioration des isolants et optimise l’encombrement dans les gaines, faux-plafonds ou locaux techniques. La norme IEC 61386 et la NF C 15-100 imposent des rayons minimaux afin de garantir un cheminement « doux » des conducteurs, généralement exprimés en multiples du diamètre extérieur du tube (par exemple 6 à 10 fois le diamètre).

Pour les tubes métalliques rigides, le cintrage peut être réalisé à la cintreuse manuelle ou hydraulique, en veillant à ne pas ovaliser le conduit ni réduire excessivement sa section utile. Un cintrage trop serré se traduit par une déformation en « ventre » ou en « plis », qui complique le passage des tire-fils et augmente le risque d’échauffement localisé. Dans la pratique, il est souvent plus sûr d’utiliser des coudes préfabriqués à 45° ou 90°, certifiés par le fabricant, plutôt que de tenter des cintrages extrêmes sur chantier.

Les gaines métalliques flexibles, quant à elles, permettent des rayons de courbure plus serrés, mais restent soumises à des limites précisées dans les fiches techniques (rayon minimum statique et dynamique). Dans les zones de raccordement d’appareils, il est conseillé de vérifier que la courbure imposée par l’encombrement de la machine ou du coffret respecte ces valeurs. Une bonne analogie est celle d’un tuyau d’arrosage : tant que vous respectez un rayon raisonnable, l’eau circule librement ; si vous pliez trop, le tuyau se pince et le débit chute. Pour les câbles, ce « pincement » se traduit par des contraintes mécaniques fortes sur les conducteurs et leurs isolants.

En phase de conception, la prise en compte des rayons de courbure influence directement le tracé des conduits dans les gaines techniques de logement (GTL), les colonnes montantes, les parkings ou les salles techniques. Anticiper les virages, les pénétrations de parois et les changements de niveau permet de limiter les raccords superflus et d’améliorer la qualité globale de l’installation. Pour les chantiers d’envergure (immeubles tertiaires, hôpitaux, hôtels), le recours à des plans d’exécution détaillés ou à la modélisation BIM facilite grandement cette optimisation des cheminements.

Installation et fixation des chemins de câbles métalliques dans les bâtiments tertiaires

Dans les bâtiments tertiaires, les chemins de câbles métalliques complètent souvent les gaines techniques classiques pour la distribution horizontale et verticale des réseaux électriques et de communication. Installés en faux-plafond, en locaux techniques, en salles informatiques ou en gaine technique, ils offrent une grande capacité de transport et une excellente accessibilité pour la maintenance. Leur mise en œuvre doit toutefois respecter des règles précises de fixation, d’écartement et de raccordement aux boîtes de dérivation et coffrets électriques, afin de garantir la sécurité des personnes et la conformité réglementaire.

Supports et colliers de fixation type CADDY ou HILTI pour gaines apparentes

Les gaines métalliques apparentes, qu’elles soient rigides ou flexibles, doivent être maintenues par des supports et colliers de fixation adaptés, capables de reprendre leur poids propre et les efforts supplémentaires liés au tirage des câbles. Les systèmes de marques spécialisées comme CADDY ou HILTI offrent une large gamme de colliers, consoles, rails et tiges filetées, conçus pour une mise en œuvre rapide et sécurisée. Ces accessoires sont souvent testés et certifiés pour résister à des charges définies et, dans certains cas, à des contraintes sismiques ou aux effets d’un incendie.

Le choix du collier de fixation dépend du diamètre de la gaine, de son type (rigide, flexible, annelée) et de l’environnement (intérieur sec, extérieur, local humide, parking). Les colliers métalliques avec insert isolant (caoutchouc, EPDM) permettent de limiter les bruits de structure et les vibrations, tout en évitant le contact direct métal-métal qui pourrait entraîner des phénomènes de corrosion galvanique. Pour les chemins de câbles, on privilégie des systèmes de support modulaires permettant d’ajouter facilement de nouveaux conduits ou câbles en cours de vie du bâtiment.

Dans les parkings ou les zones accessibles au public, l’aspect esthétique et la sécurité des fixations sont également à prendre en compte. Des gaines techniques métalliques bien alignées, solidement maintenues, participent à l’image de qualité de l’ouvrage et réduisent les risques d’arrachement accidentel (chocs de véhicules, manutentions, actes de vandalisme). Vous pouvez ainsi transformer ce qui n’est au départ qu’une contrainte technique en véritable atout de crédibilité visuelle.

Écartement réglementaire des points d’ancrage selon NF C 15-100

L’écartement des points d’ancrage des gaines et chemins de câbles métalliques est encadré par la norme NF C 15-100 et les prescriptions des fabricants. De manière générale, on retrouve des valeurs indicatives de l’ordre de 80 à 120 cm pour des tubes métalliques rigides de petit diamètre, avec un resserrement des entraxes dans les zones de changement de direction, de pénétration de parois ou de sollicitation particulière. Plus le diamètre de la gaine augmente, plus il est nécessaire de rapprocher les supports pour éviter le flambage et le porte-à-faux.

Pour les gaines métalliques flexibles ou annelées, l’entraxe de fixation est souvent plus réduit, afin d’éviter les « ventres » et d’assurer un cheminement propre. Le fabricant indique généralement une distance maximale entre supports en position horizontale et verticale, à respecter scrupuleusement. Dans une gaine technique de logement ou dans une gaine d’immeuble, le non-respect de ces entraxes peut entraîner un affaissement des conduits, voire une détérioration des câbles lors d’un tirage ultérieur.

Il est important de ne pas négliger les fixations en plafond ou sous dalle, notamment en faux-plafond ou en vide sanitaire. Les tiges filetées, chevilles et consoles doivent être dimensionnées pour reprendre la charge cumulée de l’ensemble des conduits, câbles et accessoires, avec une marge de sécurité suffisante. En cas d’incendie, des systèmes spécifiques de suspension résistants au feu peuvent être exigés pour garantir le maintien des circuits de sécurité (désenfumage, alarme incendie, éclairage de sécurité) pendant la durée réglementaire.

Raccordement des gaines aux boîtes de dérivation et coffrets électriques

Le raccordement des gaines techniques métalliques aux boîtes de dérivation, coffrets et armoires électriques constitue un point sensible en termes de sécurité, d’étanchéité et de continuité de la mise à la terre. Les entrées doivent être réalisées à l’aide de presse-étoupes, de manchons filetés ou de raccords à compression adaptés au type de gaine (rigide, flexible) et au degré de protection souhaité (IP, IK). Un raccord mal serré ou inadapté peut entraîner des arrachements, des infiltrations ou des défauts de blindage électromagnétique.

Dans les installations tertiaires et industrielles, il est fréquent de combiner des boîtes et coffrets métalliques avec des conduits métalliques, ce qui simplifie la continuité de la liaison équipotentielle. Les raccords doivent alors assurer un contact fiable entre la gaine et l’enveloppe, grâce à des éléments de serrage métalliques et, si nécessaire, des griffes de contact. À l’inverse, lorsqu’une gaine métallique aboutit sur un coffret en matière isolante, il est indispensable de prévoir une cosse de terre dédiée au niveau du dernier support ou de la boîte d’extrémité, afin de maintenir la continuité de protection.

Pour faciliter la maintenance et les évolutions ultérieures, il est recommandé d’anticiper une certaine réserve d’entrées sur les boîtes de dérivation et coffrets, ainsi que des longueurs de gaines suffisantes pour autoriser une reprise de raccordement. Un repérage clair des conduits (étiquettes, codes couleur, schémas de câblage) permet également de réduire les temps d’intervention et de limiter les risques d’erreur lors des extensions ou des dépannages.

Pose en vide sanitaire, faux-plafond et gaine technique de logement (GTL)

Les gaines techniques en métal sont particulièrement adaptées aux poses en vide sanitaire, en faux-plafond et dans les gaines techniques de logement (GTL), où elles bénéficient d’un environnement relativement protégé tout en assurant une excellente robustesse. En vide sanitaire, elles doivent résister à l’humidité, aux éventuelles projections d’eau et aux chocs accidentels dus aux interventions ultérieures (plomberie, chauffage, réseaux divers). L’utilisation de tubes galvanisés et de fixations inox ou protégées contre la corrosion est alors fortement conseillée.

En faux-plafond, les gaines métalliques et chemins de câbles servent souvent de « colonne vertébrale » à la distribution des réseaux d’éclairage, de prises de courant et de communication. Leur mise en œuvre doit tenir compte des autres corps d’état (CVC, sprinklers, faux-plafonds acoustiques) afin d’éviter les croisements inutiles et de préserver les distances de sécurité (gaz, eau, sources de chaleur). Un cheminement rationnel, parallèle aux axes principaux du bâtiment, permet de simplifier le repérage et de faciliter la maintenance.

Dans la gaine technique de logement (GTL), la gaine métallique peut être utilisée pour assurer la montée principale des circuits depuis le tableau de distribution, en complément ou en alternative aux goulottes plastiques. Elle offre une protection renforcée contre les chocs, les rongeurs et les risques d’incendie, tout en garantissant une excellente compatibilité avec les exigences de la norme NF C 15-100. Vous pouvez ainsi centraliser les alimentations principales, les départs vers les différents locaux et, le cas échéant, les réseaux de communication, dans un espace technique clairement identifié et durable.

Continuité de la mise à la terre et liaison équipotentielle des conduits métalliques

Un des atouts majeurs des gaines techniques en métal réside dans leur capacité à participer à la mise à la terre et à la liaison équipotentielle des installations électriques. En assurant une continuité électrique sur tout le parcours des conduits, on réduit les risques de potentiel flottant, de chocs électriques et d’interférences électromagnétiques. La norme NF C 15-100 impose que toute partie métallique susceptible d’entrer en contact avec un conducteur actif en cas de défaut soit reliée au conducteur de protection (PE).

Concrètement, cela signifie que chaque tronçon de gaine métallique doit être électriquement relié au suivant, soit par des raccords métalliques assurant une continuité fiable, soit par des tresses ou fils de terre complémentaires lorsque les raccords sont isolants ou susceptibles de se desserrer. Aux extrémités du circuit, des bornes de terre doivent être prévues pour connecter les conduits au réseau de terre de l’installation (barrette de coupure, bornier principal de terre, collecteurs locaux). Dans les grands bâtiments, des liaisons équipotentielles supplémentaires peuvent être nécessaires au niveau des locaux techniques, des gaines d’ascenseur ou des zones à atmosphère particulière.

Pour garantir la pérennité de cette continuité, il est recommandé de vérifier la résistance de liaison des conduits métalliques lors des essais de mise en service, à l’aide d’un ohmmètre ou d’un mégohmmètre adapté. Une valeur de résistance très faible (quelques milliohms) doit être obtenue entre les différentes parties métalliques reliées au conducteur de protection. En cas de doute, des points de reprise de terre supplémentaires peuvent être ajoutés sur des colliers ou des platines de fixation. Cette démarche préventive est particulièrement importante dans les gaines techniques verticales, où une rupture de continuité pourrait passer inaperçue et avoir des conséquences graves en cas de défaut.

Compatibilité électromagnétique et blindage CEM par gaines métalliques

Au-delà de la protection mécanique et incendie, les gaines techniques métalliques jouent un rôle essentiel en matière de compatibilité électromagnétique (CEM). En agissant comme un blindage autour des câbles, elles limitent à la fois les émissions parasites vers l’extérieur et la sensibilité des circuits internes aux perturbations environnantes. Dans un bâtiment moderne, où coexistent réseaux de puissance, informatique, automatisme, télécommunication et parfois équipements médicaux ou de mesure, cette fonction de « cage de Faraday » locale devient cruciale.

Les conduits métalliques, lorsqu’ils sont correctement continus et mis à la terre, forment une enveloppe conductrice qui réfléchit et absorbe une partie des champs électromagnétiques. Cela permet de réduire les risques de dysfonctionnement des équipements sensibles (baies informatiques, automates, systèmes de contrôle-commande) et d’améliorer la qualité globale du réseau électrique (moins de perturbations, meilleure immunité des récepteurs). On peut comparer cette protection à celle offerte par les carrosseries des voitures, qui protègent les occupants des effets directs de la foudre en déviant les courants autour de l’habitacle.

Pour optimiser ce blindage CEM, il convient de limiter les discontinuités dans les gaines métalliques, d’utiliser des raccords assurant un bon contact électrique et de soigner les liaisons à la terre. Les jonctions avec les boîtiers et coffrets doivent être réalisées de manière à préserver la continuité du blindage, en évitant les grandes ouvertures non protégées. Dans les environnements particulièrement sensibles (salles blanches, blocs opératoires, centres de données), des solutions spécifiques de câbles blindés combinés à des conduits métalliques peuvent être mises en œuvre, avec un schéma de mise à la terre contrôlé (unilatéral ou bilatéral selon les cas).

En anticipant les enjeux de compatibilité électromagnétique dès la conception des gaines techniques et des cheminements de conduits, vous réduisez les risques de problèmes difficiles à diagnostiquer ultérieurement (parasites intermittents, pertes de communication, dysfonctionnements aléatoires). Les gaines techniques en métal, bien pensées et bien posées, ne sont donc pas seulement un « conduit » pour vos câbles : elles deviennent un véritable élément de performance globale du bâtiment, au service de la sécurité, de la fiabilité et du confort des usagers.