# Escaliers de secours métalliques : normes et installation

Les escaliers de secours métalliques représentent un équipement de sécurité fondamental pour tout bâtiment recevant du public, immeuble d’habitation ou site industriel. Leur rôle dépasse la simple fonction d’accès : ils constituent une voie d’évacuation vitale en cas d’incendie, de panique ou de toute situation d’urgence nécessitant l’évacuation rapide des occupants. La conception et l’installation de ces structures métalliques obéissent à un cadre réglementaire strict qui garantit leur fiabilité et leur conformité aux exigences de sécurité. L’acier, matériau privilégié pour ces équipements, offre une résistance mécanique exceptionnelle et une durabilité remarquable face aux intempéries et aux contraintes d’utilisation intensive. Comprendre les normes applicables et maîtriser les techniques d’installation devient indispensable pour les professionnels du bâtiment, les architectes et les gestionnaires d’établissements qui souhaitent garantir la sécurité optimale de leurs installations.

Cadre réglementaire des escaliers de secours métalliques selon le code de la construction

Le cadre juridique encadrant les escaliers de secours en France s’appuie sur plusieurs textes fondamentaux qui définissent les obligations de sécurité pour les bâtiments. Cette réglementation exhaustive vise à prévenir les risques d’accident et à faciliter l’évacuation rapide des personnes en situation d’urgence. Les propriétaires et gestionnaires d’établissements doivent impérativement connaître ces dispositions pour garantir la conformité de leurs installations et éviter les sanctions administratives ou judiciaires.

Arrêté du 25 juin 1980 relatif aux établissements recevant du public (ERP)

L’arrêté du 25 juin 1980 constitue la pierre angulaire de la réglementation en matière de sécurité incendie pour les établissements recevant du public. Ce texte fondamental définit précisément les caractéristiques que doivent présenter les escaliers de secours, notamment dans ses articles CO 34 à CO 42 qui traitent des dispositions générales, et CO 49 à CO 56 concernant les dégagements et escaliers spécifiquement. Ces prescriptions techniques imposent des dimensions minimales, des matériaux adaptés et des configurations architecturales spécifiques en fonction du type d’établissement et de sa catégorie. Le texte précise également les exigences relatives aux paliers de repos, aux mains courantes et aux garde-corps qui équipent ces escaliers. La notion d’unité de passage introduite par cet arrêté permet de calculer la largeur nécessaire des escaliers en fonction du nombre de personnes susceptibles de les emprunter simultanément lors d’une évacuation. Cette approche scientifique garantit que les dimensions des escaliers correspondent aux besoins réels en termes de flux d’évacuation.

Normes NF P01-012 et NF P01-013 pour les dégagements d’urgence

La norme NF P01-012 établit les règles de sécurité relatives aux dimensions des garde-corps et rampes d’escalier. Elle définit avec précision les hauteurs minimales, les espacements entre éléments verticaux et horizontaux, ainsi que les zones de rétention qui empêchent le passage d’un enfant. Pour un escalier de secours, cette norme impose une hauteur de garde-corps d’au moins 900 mm en partie inclinée et 1 000 mm sur les parties horizontales comme les paliers. L’espacement maximal entre barreaux ne peut excéder 110 mm, tandis que la distance entre éléments horizont

mm entre lisses horizontales est limitée à 180 mm afin d’éviter tout risque de basculement ou de coincement. La norme NF P01-013 complète ce dispositif en fixant les méthodes d’essai et les critères de résistance des garde-corps. Elle impose notamment des essais de charge horizontale et verticale pour vérifier que les garde-corps des escaliers de secours métalliques résistent aux efforts générés par des mouvements de foule lors d’une évacuation. En combinant ces deux normes, le concepteur dispose d’un cadre précis pour dimensionner les mains courantes, définir la continuité des rampes et assurer une protection optimale le long de l’escalier et sur les paliers.

Règlement de sécurité contre l’incendie dans les immeubles d’habitation

Pour les immeubles d’habitation, le règlement de sécurité contre l’incendie introduit des dispositions spécifiques, distinctes de celles applicables aux ERP. Il classe les bâtiments en différentes catégories en fonction de leur hauteur et de leur mode de construction, ce qui influence directement les exigences relatives aux escaliers de secours. Dans les immeubles de grande hauteur (IGH) ou de moyenne hauteur, les escaliers extérieurs métalliques de secours peuvent constituer un complément essentiel aux escaliers intérieurs protégés, à condition de respecter les prescriptions de résistance au feu, de désenfumage et de stabilité sous l’effet de la chaleur. Le règlement impose également des exigences de désenclavement des escaliers, de continuité des dégagements et de protection contre la propagation des fumées.

Les escaliers de secours installés sur des façades d’immeubles d’habitation doivent notamment garantir une évacuation indépendante des logements et des circulations communes. Ils doivent être facilement accessibles depuis chaque niveau concerné, sans obstacle ni rétrécissement de passage. La configuration des volées, la présence de paliers de repos et les hauteurs maximales entre niveaux sont encadrées pour limiter la fatigue des occupants, y compris des personnes âgées ou vulnérables. Dans les opérations de rénovation, ces exigences peuvent nécessiter des adaptations architecturales importantes, ce qui renforce l’intérêt de concevoir des escaliers métalliques de secours sur mesure, parfaitement intégrés à la structure existante.

Directive européenne 89/391/CEE sur la sécurité des travailleurs

Au-delà des obligations liées aux bâtiments, la directive européenne 89/391/CEE relative à la sécurité et à la santé des travailleurs au travail impose aux employeurs une obligation générale de prévention des risques. Cette directive, transposée dans le Code du travail français, implique que les escaliers de secours métalliques présents dans les locaux professionnels soient conçus et entretenus de manière à garantir une évacuation sûre des salariés. Les entreprises doivent intégrer ces escaliers dans leur document unique d’évaluation des risques (DUERP) et dans leurs plans d’évacuation, en tenant compte des effectifs, des postes occupés et des scénarios d’urgence envisageables.

Concrètement, cela signifie que la largeur des escaliers, la robustesse des garde-corps, la signalisation des issues de secours et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite doivent être dimensionnées au regard des risques identifiés. La directive rappelle également l’importance de la formation et de l’information des travailleurs : un escalier de secours métallique parfaitement conforme perd une grande partie de son efficacité si les utilisateurs ne connaissent pas les itinéraires d’évacuation ou si les accès sont encombrés. Vous l’aurez compris, le respect de cette directive ne se limite pas au choix des bonnes normes techniques ; il implique une approche globale associant conception, organisation et maintenance.

Spécifications techniques des escaliers extérieurs métalliques de secours

Les escaliers de secours extérieurs métalliques doivent répondre à des exigences techniques précises pour assurer à la fois sécurité, confort d’usage et durabilité. Ces spécifications concernent le dimensionnement des marches, la largeur utile de passage, la résistance mécanique et au feu des matériaux, ainsi que les traitements de protection contre la corrosion. En pratique, concevoir un escalier de secours revient un peu à concevoir une « machine à évacuer » où chaque détail compte : une marche mal dimensionnée, un palier sous-dimensionné ou un acier mal protégé peuvent compromettre la sécurité globale de l’installation.

Dimensionnement des marches et contremarches selon la formule de blondel

Le dimensionnement des marches d’un escalier de secours métallique repose classiquement sur la formule de Blondel : 2H + G, où H représente la hauteur de marche et G le giron (profondeur utile de marche). Pour garantir un confort de circulation et limiter la fatigue lors d’une évacuation, cette valeur doit généralement se situer entre 60 et 64 cm pour les escaliers desservant des locaux recevant du public ou des lieux de travail. Dans un escalier de secours, la hauteur de marche recommandée se situe souvent entre 130 et 170 mm, tandis que le giron varie entre 280 et 360 mm, conformément aux recommandations issues des normes et du Code du travail.

Respecter cette formule, c’est un peu comme régler les marches d’une échelle de manière régulière : si l’écart varie d’une marche à l’autre, le risque de chute augmente considérablement. La régularité est donc un critère essentiel : l’écart de hauteur entre deux marches consécutives ne devrait pas dépasser 5 mm. Par ailleurs, la présence de contremarches fermées ou de grilles métalliques ajourées doit être pensée pour éviter les effets de vertige tout en permettant l’évacuation de l’eau et des débris. Dans les escaliers extérieurs, le choix de marches caillebotis antidérapantes, avec des nez de marche bien visibles, contribue fortement à la sécurité, notamment par temps de pluie ou de gel.

Largeur minimale de passage et calcul de l’unité de passage (UP)

La largeur d’un escalier de secours métallique conditionne directement sa capacité d’évacuation. L’arrêté du 25 juin 1980 introduit la notion d’unité de passage (UP), qui permet de dimensionner la largeur utile des dégagements en fonction de l’effectif à évacuer. Une unité de passage correspond à une largeur théorique comprise entre 60 et 90 cm, mais en pratique, les largeurs minimales sont portées à 90 cm pour 1 UP et 1,40 m pour 2 UP afin de tenir compte de l’encombrement réel des personnes et des mouvements de panique éventuels. Plus l’effectif est important, plus le nombre d’unités de passage et donc la largeur de l’escalier doivent être élevés.

Dans les établissements recevant du public, un escalier principal de secours affiche souvent une largeur d’au moins 1,20 m, voire davantage pour les catégories d’ERP accueillant de grandes foules. Pour un immeuble de bureaux ou un site industriel, la largeur minimale de 1,00 m est souvent retenue, en tenant compte des flux de salariés et des éventuels équipements portés (outillages, dossiers, matériels). Vous vous demandez comment optimiser la largeur sans dénaturer la façade ? Un travail en amont avec l’architecte et le bureau de contrôle permet d’arbitrer entre contraintes réglementaires, contraintes architecturales et budget, tout en garantissant un cheminement d’évacuation fluide.

Résistance au feu REI et classification des matériaux acier S235JR et S355J2

La résistance au feu des escaliers de secours métalliques est un paramètre essentiel, notamment pour les ERP, les IGH et certains locaux industriels à risque. Les exigences sont généralement exprimées en classes REI (ou R pour les structures porteuses) selon la norme européenne EN 13501-2. La classe R30, R60 ou R90 indique le temps, en minutes, pendant lequel la structure doit conserver sa résistance mécanique en cas d’incendie. Contrairement au béton, l’acier perd une partie de ses caractéristiques mécaniques à haute température : au-delà de 500 à 600 °C, sa résistance chute de manière significative, ce qui justifie la mise en œuvre de protections passives adaptées.

Les aciers de construction les plus courants pour les escaliers de secours, comme les nuances S235JR et S355J2, offrent une excellente résistance mécanique à température ambiante, avec des limites d’élasticité respectives de 235 MPa et 355 MPa. Le choix entre ces deux nuances dépend du dimensionnement des profilés, des charges à reprendre et des contraintes de fabrication. Pour assurer une résistance au feu conforme, plusieurs solutions peuvent être envisagées : peintures intumescentes, flocage, encoffrement, voire surdimensionnement des sections métalliques pour retarder la montée en température. Là encore, l’appui sur un bureau d’études et un organisme de contrôle permet de vérifier la cohérence entre la résistance structurelle, la classe REI visée et les scénarios d’incendie retenus dans l’analyse de risques.

Traitement anticorrosion par galvanisation à chaud selon EN ISO 1461

Exposés en permanence aux intempéries, aux variations de température et parfois à des atmosphères industrielles agressives, les escaliers extérieurs de secours en acier doivent bénéficier d’une protection anticorrosion performante. La galvanisation à chaud selon la norme EN ISO 1461 constitue la solution de référence pour assurer une durabilité à long terme. Elle consiste à immerger les éléments en acier dans un bain de zinc en fusion, ce qui crée une couche protectrice métallurgiquement liée au substrat. Cette couche, d’une épaisseur généralement comprise entre 70 et 100 µm selon la catégorie d’acier et les conditions d’exposition, offre une résistance remarquable à la corrosion pendant plusieurs décennies.

Comparée à une simple peinture, la galvanisation à chaud se comporte un peu comme une armure complète plutôt qu’une simple couche de vernis : même en cas de chocs ou de rayures superficielles, la protection reste en grande partie assurée grâce à l’effet sacrificiel du zinc. Dans les environnements particulièrement agressifs (zones côtières, sites chimiques, atmosphères polluées), une combinaison galvanisation + thermolaquage peut être envisagée pour renforcer la durabilité tout en apportant une finition esthétique. Pour maintenir les performances dans le temps, un plan d’inspection périodique doit être mis en place : contrôle visuel des zones sensibles, vérification des points de fixation, nettoyage des dépôts et remplacement des éléments endommagés si nécessaire.

Méthodes d’ancrage et fixation des structures métalliques autoportantes

La stabilité d’un escalier de secours métallique autoportant repose en grande partie sur la qualité de ses ancrages au bâti existant et à ses fondations. Un escalier parfaitement dimensionné mais mal fixé peut devenir dangereux lors d’une évacuation de masse ou sous l’effet du vent. Il est donc indispensable de choisir des systèmes d’ancrage adaptés à la nature du support (béton, maçonnerie, charpente métallique) et aux charges à reprendre. Les méthodes de fixation les plus courantes combinent scellements chimiques, chevilles mécaniques haute résistance et platines d’ancrage calculées selon les Eurocodes.

Systèmes de scellement chimique et chevilles mécaniques haute résistance

Les scellements chimiques sont largement utilisés pour fixer les escaliers de secours sur des voiles béton ou des dalles existantes. Ils consistent à injecter une résine (époxy, polyester ou vinylester) dans un trou foré, puis à y insérer une tige filetée ou un fer d’armature. Après polymérisation, l’ensemble offre une résistance élevée à l’arrachement et au cisaillement. Ce type de fixation est particulièrement adapté lorsque les distances aux bords ou les entraxes entre ancrages sont réduits, ou lorsque des charges dynamiques importantes sont attendues, par exemple lors d’un mouvement de foule sur l’escalier.

Les chevilles mécaniques haute résistance (à expansion, à douille ou à ancrage sous couple) constituent une alternative intéressante, notamment pour des charges modérées ou des supports homogènes de bonne qualité. Elles présentent l’avantage d’une mise en œuvre rapide et contrôlable instantanément, sans temps de prise. Le choix entre ancrages chimiques et mécaniques dépendra de nombreux paramètres : nature et état du support, charges de service et de calcul, conditions d’exposition, facilité d’accès pour le perçage. Pour sécuriser le projet, il est recommandé de s’appuyer sur les agréments techniques européens (ETA) des systèmes d’ancrage retenus et de respecter scrupuleusement les préconisations de mise en œuvre des fabricants.

Platines d’ancrage et calcul des charges selon l’eurocode 3

Les platines d’ancrage assurent la liaison entre la structure de l’escalier de secours (poteaux, limons, consoles) et le support porteur (dalle, longrine, façade). Leur dimensionnement est réalisé selon l’Eurocode 3 (EN 1993) et, le cas échéant, l’Eurocode 4 lorsqu’il existe une interaction avec une structure mixte acier-béton. Le calcul prend en compte les efforts combinés de compression, traction, cisaillement et moment fléchissant, issus à la fois du poids propre de l’escalier, des charges d’exploitation (flux d’évacuation) et des actions climatiques (vent, neige). L’objectif est de garantir que les platines et leurs ancrages résistent sans déformation excessive ni rupture, même en situation accidentelle.

En pratique, les platines sont souvent réalisées en tôle épaisse (10 à 20 mm ou plus selon les cas), avec des raidisseurs soudés pour reprendre les efforts ponctuels. Les dispositions constructives doivent également faciliter la pose sur chantier : réglage en hauteur et en aplomb, compensation des tolérances de génie civil, accessibilité pour le serrage des boulons. On peut assimiler la platine à la « semelle » de l’escalier de secours : si elle est mal conçue ou sous-dimensionnée, l’ensemble de la structure peut perdre sa stabilité. D’où l’importance de confier cette phase à un bureau d’études spécialisé et de faire valider les plans par un organisme de contrôle agréé.

Liaisons bâti-structure par pattes à sceller et équerres de fixation

Outre les appuis au sol, les escaliers de secours métalliques sont généralement stabilisés par des points d’ancrage intermédiaires sur la façade du bâtiment, au moyen de pattes à sceller ou d’équerres de fixation. Ces liaisons limitent les porte-à-faux, réduisent les flèches des volées et améliorent le comportement dynamique de l’ensemble sous l’effet des charges d’exploitation. Les pattes à sceller sont intégrées dans le gros œuvre lors de la construction ou injectées a posteriori dans des réservations ; les équerres, quant à elles, sont boulonnées ou soudées sur des inserts prévus à cet effet ou sur des profilés métalliques existants.

Le dimensionnement de ces éléments doit tenir compte des efforts de traction et de cisaillement, mais aussi des contraintes de dilatation thermique entre l’escalier et le bâti. Pour éviter les concentrations de contraintes, on répartit généralement plusieurs points de fixation le long des volées et des paliers. Une analogie utile consiste à comparer ces ancrages aux haubans d’un pont suspendu : sans eux, la structure oscille et se déforme sous le passage des piétons ; avec eux, elle gagne en rigidité et en confort. Dans le cadre de projets en réhabilitation, une reconnaissance approfondie de la structure existante (béton, maçonnerie, charpente acier) est indispensable pour définir la stratégie de reprise des efforts la plus adaptée.

Configurations architecturales des escaliers hélicoïdaux et droits de secours

Le choix de la configuration architecturale d’un escalier de secours métallique dépend étroitement de la géométrie du bâtiment, des contraintes foncières et des objectifs esthétiques. Les deux grandes familles d’escaliers de secours sont les escaliers droits (à une ou plusieurs volées) et les escaliers hélicoïdaux (en colimaçon). Chacun présente des avantages et des limites en termes d’emprise au sol, de capacité d’évacuation et de confort d’utilisation. L’enjeu pour le concepteur est de trouver le juste équilibre entre sécurité, fonctionnalité et intégration architecturale.

Les escaliers droits de secours, avec paliers intermédiaires, sont privilégiés dès que l’espace disponible le permet. Ils offrent une excellente lisibilité des cheminements, facilitent le passage de flux importants et permettent l’acheminement éventuel de matériel de secours. Les paliers de repos, généralement prévus tous les 25 marches au maximum, améliorent le confort et limitent la fatigue des usagers. Les escaliers hélicoïdaux, quant à eux, sont souvent choisis pour leur faible emprise au sol et leur capacité à s’insérer dans des espaces restreints ou des cours intérieures étroites. Ils conviennent particulièrement aux bâtiments de hauteur modérée ou comme escalier de secours complémentaire, sous réserve de respecter un giron suffisant dans la zone de passage utile.

Dans les ERP et les bâtiments à forte fréquentation, les escaliers hélicoïdaux ne peuvent généralement pas constituer l’unique voie d’évacuation, en raison de leur capacité limitée et de la complexité des flux en cas de panique. Ils sont toutefois autorisés comme issues secondaires ou pour desservir certains niveaux spécifiques, à condition de respecter les largeurs utiles et les hauteurs de garde-corps imposées. Pour harmoniser l’escalier avec l’architecture existante, le recours à des limons centraux tubulaires, des marches caillebotis rayonnantes et des garde-corps ajourés permet de créer des structures à la fois légères visuellement et robustes. Vous hésitez entre un escalier droit et un hélicoïdal ? Une étude préalable en 3D, associant l’architecte, le métallier et le bureau de contrôle, aide souvent à trancher en visualisant l’impact sur la façade, les flux d’évacuation et le budget.

Protocole d’installation et mise en conformité des échappées de secours

L’installation d’un escalier de secours métallique ne se résume pas à un simple montage sur site : elle s’inscrit dans un véritable protocole de mise en conformité des échappées de secours. Ce processus commence en amont par l’analyse des besoins (effectifs, scénarios d’évacuation, contraintes architecturales), se poursuit par la conception et la fabrication en atelier, et se conclut par la pose, les essais et la validation réglementaire. Chaque étape doit être documentée pour faciliter les échanges avec la commission de sécurité, l’assureur et les organismes de contrôle.

Sur le chantier, la phase de pose suit généralement une séquence précise : implantation et vérification des niveaux, mise en place des poteaux et des éléments porteurs, montage des volées et des paliers, fixation des garde-corps et mains courantes, puis réalisation des ancrages définitifs. L’utilisation de moyens de levage adaptés (grue mobile, nacelle) est indispensable pour manipuler en toute sécurité les éléments préfabriqués parfois volumineux. Une fois la structure montée, des contrôles de serrage, de verticalité et d’alignement sont réalisés, ainsi que des vérifications fonctionnelles : continuité des échappées, absence d’obstacles, lisibilité de la signalisation, bon comportement des revêtements antidérapants.

La mise en conformité des échappées de secours implique également la prise en compte de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, même si les escaliers de secours ne peuvent pas toujours être empruntés par tous les types de handicap. Les cheminements menant aux escaliers, l’éclairage de sécurité, la bande podotactile en haut des volées et la visibilité des nez de marche doivent être conformes aux arrêtés relatifs à l’accessibilité. À l’issue de l’installation, un dossier technique complet est remis au maître d’ouvrage : plans de récolement, notes de calcul, fiches produits, procès-verbaux de galvanisation et de protection au feu, rapports d’essais éventuels. Ce dossier constituera une référence précieuse lors des visites de la commission de sécurité et des contrôles périodiques.

Contrôle technique et certification par organismes agréés APAVE et bureau veritas

Pour garantir la conformité réglementaire et la sécurité effective des escaliers de secours métalliques, l’intervention d’organismes de contrôle agréés tels qu’APAVE, Bureau Veritas, Socotec ou Dekra est fortement recommandée, voire obligatoire dans de nombreux contextes. Ces tiers indépendants interviennent à plusieurs stades du projet : examen des plans, vérification des notes de calcul, contrôle de la fabrication et inspection sur site après installation. Leur rôle est de s’assurer que les prescriptions du Code de la construction, du Code du travail, des arrêtés incendie et des normes applicables ont bien été respectées.

Lors de leurs visites, les contrôleurs examinent notamment la conformité des dimensions (hauteur et giron des marches, largeur utile, hauteur des garde-corps), la qualité des soudures et des assemblages boulonnés, la pertinence des ancrages et la continuité des dégagements. Des tests de charge ponctuels peuvent être réalisés sur certains éléments pour vérifier leur résistance mécanique. Les organismes émettent ensuite un rapport détaillé, assorti le cas échéant de réserves à lever avant la mise en service. Pour le gestionnaire de bâtiment, disposer d’un rapport favorable de l’APAVE ou de Bureau Veritas constitue une garantie précieuse en cas de contrôle administratif ou d’expertise après sinistre.

Au-delà de la réception initiale, un suivi régulier des escaliers de secours métalliques est indispensable. Des visites périodiques de contrôle peuvent être programmées tous les 1 à 5 ans selon la nature de l’établissement, son classement et les risques identifiés. Elles permettent de détecter précocement les signes d’usure, de corrosion, de jeu dans les fixations ou de dégradation des revêtements antidérapants. En intégrant ces inspections dans votre plan de maintenance globale et votre stratégie de prévention des risques, vous prolongez la durée de vie de vos escaliers de secours tout en maintenant un haut niveau de sécurité pour les occupants. Après tout, un escalier de secours n’est réellement efficace que s’il reste, année après année, parfaitement opérationnel le jour où l’on en a besoin.